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COMPTE-RENDU DES DÉBATS

COMPTE-RENDU DES DÉBATS

10h30 Projection – débat
Cinéma L’Atalante / Organisé par Bake Bidea
LA PAIX MAINTENANT, Une exigence populaire
un film réalisé par Thomas Lacoste

Débat en présence de :

  • Louis Joinet, Comité des droits de l’homme de l’ONU.
  • Jean-Pierre Massias, Professeur de droit et consultant au Conseil de l’Europe.
  • Thomas Lacoste, réalisateur.

Le 16 décembre 2016 à Louhossoa, la police française avait arrêté cinq membres de la société civile composant le groupe des Artisans de la Paix. Le documentaire de Thomas Lacoste fait état des réactions entrainées par cet événement et, de façon plus générale, tout ce qui s’est passé depuis que l’ETA a décidé, en 2011, de mettre un terme à son activité armée; en donnant la parole à des juristes, responsables politiques et des membres de divers organismes sociaux.

Après la projection du film, Louis Joinet, ancien magistrat, et Jean-Pierre Massias, Professeur de droit -qui ont tous deux participé au film- ont expliqué quelles devraient être les étapes suivantes, d’après les principes de justice transitionnelle. L’ancien magistrat Louis Joinet a mis en évidence le rôle politique joué par la justice à l’égard des prisonniers, en affirmant que : “Les aspects juridiques n’évolueront pas tant que les aspects politiques ne changeront pas”.

Le Professeur Jean-Pierre Massias a demandé l’implication des gouvernements français et espagnol, en leur exigeant plus particulièrement des garanties au sujet des victimes, l’établissement d’une justice donnant lieu à des réparations, afin que ces événements ne se répètent pas ; ce processus peut se faire par la mise en place d’une Commission de vérité et de réconciliation (CVR). Les deux juristes ont demandé aux gouvernements de faire preuve d’intelligence.

12 :30 Conférence
à l'esplanade Roland Barthes / organisée par Bake Bideak

Conférence relative aux étapes devant donner suite au Désarmement
Joseba Azkarraga, porte-parole de la plateforme SARE en faveur des droits des prisonniers basques et ancien secrétaire à la Justice du Gouvernement basque.
Aitzpea Leizaola, anthropologue et membre du Forum social permanent.
Philippe Texier, ancien juge et expert à l’ONU.

Devant la foule, l’ex conseiller du Gouvernement basque en matière de justice, Joseba Azkarraga, a réclamé que l’on en finisse avec la politique d’exception et à expressément plaidé pour la mise en liberté totale des prisonniers malades, et pour mettre fin à cette politique tendant à maintenir les prisonniers éloignés de leurs proches.

L’antropologue Aitzpea Leizaola a demandé que toutes les parties au conflit puissent raconter leur récit, car, selon ses dires, « il est impossible d’établir un seul récit »

L’ancien juge et expert auprès de l’ONU, Philippe Texier, a estimé que l’on ne peut pas parler d’un processus de paix, dans la mesure où les Etats n’y participent pas. Au-delà de la mise en place d’un processus de paix, il a affirmé qu’une loi est indispensable pour pouvoir libérer les prisonniers : « une fois avoir reconnu tout ce qui s’est passé, une loi d’amnistie serait indispensable ». Il a appuyé la demande de création d’une Commission de vérité et réconciliation (CVR), afin de réclamer l’implication des gouvernements français espagnol.